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Intramuros, janvier-mars 2011, nº152
À la croisée des lettres.

Extrait de la rubrique "Portrait", Philippe Apeloig,
par Annik Hémery,

Voyageuses, vibrantes, chantantes et rayonnantes, les affiches de Philippe Apeloig ouvrent le grand livre d’un graphisme en mouvement. Le plus littéraire des graphistes français est aussi devenu le plus international.

Après avoir traversé New York (Cooper Union School of Art),
Rome (Villa Médicis), Los Angeles (April Greiman), Amsterdam
(Total Design), Philippe Apeloig est revenu, à 40 ans, s’établir à Paris. Ses lettres, elles, n’ont jamais cessé leur tour du monde. L’activité
de l’atelier s’est étendue aujourd’hui à Zurich, Berlin, Londres (galerie Gagosian), Turin (musée du Risorgimento), New York (galerie Achim Moeller Fine Arts, Emotional Branding, Type Director Club), Tel Aviv (galerie Litvak)... “Cette expansion soudaine est venue à un moment de grande instabilité financière lorsque j’ai pris la décision de ne plus participer à un concours en France.” Lui-même se sent comme à un carrefour : entre peinture, littérature, danse, théâtre, architecture...
Et si peu “graphiste”. “Il faut aller se ressourcer ailleurs.” “Vivo in Typo” avance l’une de ses expositions personnelles. “Typo/Typé” disait déjà celle de 2005 comme un coup de tampon sur son passeport.

La dimension émotionnelle

Cette dimension émotionnelle des signes visuels est la seule langue officielle que parle cet apatride typographique, éduqué aux plus fins préceptes modernistes. C’est elle qui lui a permis de mouler en images les mots des écrivains. Depuis treize ans, chaque année,
le grand voyageur revient à la Fête du Livre d’Aix-en-Provence, trouve les lettres justes pour incarner les univers obsessionnels (Philip Roth) ou déchirés (Kenzaburo Oé), la vie “bouillonnante et chaotique” de la mégapole asiatique (L’Asie des écritures croisées,
un vrai roman), le monde métissé de l’écrivain nigérian Wole Soyinka, dont le portrait
est tissé dans du papier que le graphiste a découpé en fines bandes. “Ses ancêtres Yorubas étaient des tisseurs d’étoffe. Le visuel le rappelle.”

De la fine observation de ce qui est ou de ce qui fut, Philippe Apeloig croit de plus en plus au hasard, aux rencontres, aux croisements.
Il sait écouter les mots, lever des parentés inattendues (les fameux “0” de l’affiche Chicago, naissance d’une métropole créée pour le Musée d’Orsay et du monogramme M’O de Bruno Monguzzi et Jean Widmer), les répéter quand cela fait surgir un nom propre ou les fredonner pour laisser courir l’imaginaire. Et cela donne “Style Style Style” sur le catalogue d’exposition de Yves Saint Laurent (éditions
de la Martinière) : un mot que le couturier affectionnait et qui comprend ses trois initiales. Ou “x tra, train, x tra train” écrit tête-bêche sur l’affiche “SNCF Donner au train des idées d’avance”.

Le graphiste sait aussi glisser entre les lettres des césures ou coudre des ligatures qui font sens. “Cela bouscule le rythme de la lecture. Mais c’est parfois nécessaire pour rendre compte d’une idée.” En charge de la communication depuis quatre ans du théâtre du Châtelet, il trouve en écartant les syllabes le logo chantant Châ-te-let, en déduit plus tard la typographie musicale Bollywood (Prix de l’International Society of Typo Graphics Designers). La ligne horizontale, sur laquelle s’accrochent les lettres et qui ressemble à une portée, vient tout droit de l’écriture en hindi.